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Concerts interdits au stade Petit Sory : la lettre qui a mis le feu aux poudres

Depuis la publication d’une lettre de la Direction Générale des Spectacles (DGS) adressée à l’administration du Stade Petit Sory, interdisant l’organisation de toute activité culturelle dans l’enceinte sportive, les langues se délient et chacun y va de son commentaire. L’écrasante majorité du public reste stupéfaite face aux réelles motivations de cette interdiction.

​Pourtant, tout est parti d’un simple échange de courriers entre la Direction Générale des Spectacles et la direction du Stade Petit Sory situé à Nongo.

Un dialogue de sourds entre sport et culture

​Dans une première correspondance datée du 15 mai 2026, la Direction Générale des Spectacles demandait à la direction du stade « la régularisation de la licence d’exploitation des lieux de spectacle du Stade Petit Sory de Nongo ». Une démarche qui n’a visiblement pas été du goût de l’administration de l’infrastructure.

​En effet, dans sa lettre-réponse datée du 20 mai 2026, l’administration du stade a clairement affiché sa position : pour elle, le Stade Petit Sory est avant tout « une infrastructure sportive, et les manifestations artistiques qui y sont organisées revêtent un caractère occasionnel et accessoire ».

​​Cependant, dans un dernier courrier daté du 2 juin 2026 dont nous nous sommes procuré une copie, la Directrice Générale des Spectacles a tapé du poing sur la table et revient à la charge. Se montrant intransigeante, elle a décidé de « l’interdiction formelle et immédiate » de toutes les activités culturelles au sein du stade.

​« …Nous tenons à rappeler avec la plus grande fermeté que, conformément à la loi portant réglementation des spectacles en République de Guinée, toute organisation de spectacle sur le territoire national, quel que soit le lieu — qu’il s’agisse d’un espace culturel, sportif, privé ou public — est soumise à l’obtention préalable d’une autorisation délivrée par la Direction Générale des Spectacles. Cette disposition légale s’applique sans exception ni dérogation, y compris aux infrastructures à vocation principale sportive », rappelle la Directrice Générale.

​Elle insiste également sur le rôle primordial de son institution, qui est chargée de s’assurer que « l’ensemble des obligations légales et fiscales liées à l’organisation de spectacles sont dûment respectées par tout exploitant de lieu de spectacle, qu’il soit principal ou accessoire ».

Une « violation manifeste » des textes en vigueur

​Le constat dressé par la DGS dans ce même courrier est sans appel : « Malgré les courriers qui vous ont été adressés, le Stade Petit Sory de Nongo n’a, à ce jour, pas procédé à la régularisation de sa situation au regard de la licence d’exploitation requise pour l’organisation de spectacles sur ses installations ». Pour la Directrice, cette situation constitue une « violation manifeste » des textes en vigueur qui ne saurait être « tolérée ».

​En application des prérogatives que lui confère la loi, la Direction Générale des Spectacles prononce donc « l’interdiction immédiate de tout concert ou événement culturel », et ce, jusqu’à la « régularisation complète de la situation administrative et fiscale du stade.

Pour que les activités reprennent, trois conditions non négociables sont fixées : l’obtention et le paiement de la licence d’exploitation de lieu de spectacle auprès de la DGS ; la demande et l’obtention préalable d’une autorisation spécifique pour chaque spectacle envisagé ; l’acquittement de l’ensemble des droits et taxes prévus par les textes en vigueur.

​La Directrice précise enfin que tout manquement à cette décision exposera les responsables du Stade Petit Sory de Nongo aux sanctions prévues par la loi, sans préjudice des poursuites judiciaires qui pourraient être engagées.

La colère et l’incompréhension des acteurs culturels

À contre-courant des arguments de la Directrice Générale des Spectacles, plusieurs acteurs culturels, notamment des artistes, font remarquer que les concerts organisés au Stade Petit Sory sont avant tout exceptionnels et l’enceinte offerte aux prestataires grâce à la contribution philanthropique de son propriétaire.

​Cette interdiction brutale entraîne paradoxalement l’annulation de plusieurs événements. Une situation qui fait grincer des dents dans le milieu culturel, avec à la clé d’énormes pertes, tant sur le plan financier qu’organisationnel.

                                                                                                                               Joseph Siba Guilavogui

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