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Pédagogie : Comment fonctionne réellement la gestion des déchets à Conakry

Beaucoup de commentaires circulent sur les réseaux sociaux. Certains sont pertinents, d’autres reposent malheureusement sur une méconnaissance du fonctionnement actuel de la gestion des déchets. Il est donc important d’apporter quelques clarifications.

Qui 𝐠𝐞̀𝐫𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐝𝐞́𝐜𝐡𝐞𝐭𝐬 𝐚𝐮𝐣𝐨𝐮𝐫𝐝’𝐡𝐮𝐢?

Depuis plusieurs années, la gestion des déchets solides relève principalement des collectivités et cela n’a jamais changé jusqu’à date et sous la direction du Gouvernorat.

Ce sont les communes qui recrutent les PME de pré-collecte, organisent leur déploiement sur le terrain, suivent leurs activités et veillent à leur bon fonctionnement.

Les ménages, quant à eux, doivent s’abonner auprès de ces PME afin de bénéficier d’un service régulier d’enlèvement des déchets.

L’ANASP constitue le bras opérationnel du Ministère qui assure le suivi, la régulation et l’accompagnement des communes à travers l’application de la politique du ministère.

𝐏𝐨𝐮𝐫𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐨𝐛𝐬𝐞𝐫𝐯𝐞-𝐭-𝐨𝐧 𝐞𝐧𝐜𝐨𝐫𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐝𝐞́𝐩𝐨̂𝐭𝐬 𝐬𝐚𝐮𝐯𝐚𝐠𝐞𝐬 ?

La réalité est qu’un certain nombre de PME rencontrent aujourd’hui des difficultés opérationnelles.

Certaines ne disposent pas d’équipements suffisants. D’autres ne respectent pas toujours leurs calendriers de collecte, ce qui peut malheureusement conduire certains ménages à sortir leurs déchets et à les déposer dans des endroits inappropriés.

Mais cela ne justifie jamais les dépôts sauvages?

Lorsqu’une PME officiellement reconnue par la commune ne respecte pas ses engagements, les citoyens disposent de plusieurs recours.

Ils peuvent immédiatement saisir leur chef de quartier ou leur chef de secteur, dont la responsabilité est justement d’alerter la commune afin que des mesures correctives soient prises.

La salubrité est une responsabilité partagée. Les autorités ont leur rôle, mais les citoyens ont également le devoir de signaler les dysfonctionnements au lieu de contribuer à l’insalubrité.

Quel est le véritable problème ?

Nous avons identifié plusieurs faiblesses structurelles.

De nombreuses PME travaillent avec très peu de moyens techniques et financiers. Certaines ne disposent ni du matériel adéquat ni de la capacité logistique nécessaire pour répondre efficacement à la croissance rapide de la production des déchets. Pour preuve, la plupart ne disposent que des tricycles pour faire face au ramassage des ordures. Lorsque vous évaluer le nombre de tricycles disponibles et la quantité d’ordure produite par jour, vous vous rendez compte qu’il y a un déficit de collecte.

À cela s’ajoute une réalité culturelle : pendant longtemps, les métiers liés à l’assainissement ont été injustement considérés comme peu valorisants, décourageant ainsi l’émergence d’acteurs nationaux solides dans ce secteur pourtant essentiel à la santé publique et à la dignité de nos villes.

Que faisons-nous pour changer durablement la situation ?

Nous avons fait le choix de nous attaquer aux causes profondes du problème plutôt qu’à ses seuls symptômes.

C’est pourquoi nous travaillons à la mise en place d’un mécanisme de financement stable et durable destiné à renforcer toute la chaîne de gestion des déchets. C’est le goulot d’étranglement depuis 40 ans.

Le mécanisme de pollueur payeur n’a jamais été appliqué, d’autres leviers existent notamment et cela s’ajoute les RSE des entreprises qui pourrait être utilisé pour renforcer les capacités des entreprises.

Donc, les dossiers d’appel d’offres sont actuellement en cours de finalisation afin de permettre le recrutement d’entreprises plus robustes, mieux équipées et capables d’assurer une collecte moderne et efficace, jusqu’au transport direct des déchets vers les sites de traitement et de décharge. Une opportunité à saisir non !

𝐔𝐧𝐞 𝐫𝐞́𝐟𝐨𝐫𝐦𝐞 𝐦𝐚𝐣𝐞𝐮𝐫𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐠𝐫𝐚𝐧𝐝 𝐦𝐚𝐫𝐜𝐡𝐞́𝐬 𝐝𝐮 𝐆𝐫𝐚𝐧𝐝 𝐂𝐨𝐧𝐚𝐤𝐫𝐲.

Les marchés représentent à eux seuls plus de 30 % des déchets produits chaque jour.

Il était donc indispensable de repenser leur mode de gestion.

Dès les prochaines semaines, les principaux marchés feront l’objet de contrats spécifiques associant les administrateurs de marché, les communes et des entreprises spécialisées.

L’objectif est de passer d’un système souvent aléatoire à une gestion professionnelle, contractualisée et soumise à des obligations de résultats. Ceux qui sont installés au niveau des marchés payent des taxes, il est donc important les administrateurs de marché jouent leur partition et responsabilité.

𝐔𝐧 𝐟𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐮𝐫𝐚𝐛𝐥𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐮𝐧 𝐜𝐡𝐚𝐧𝐠𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐮𝐫𝐚𝐛𝐥𝐞

Aucune réforme sérieuse ne peut réussir sans financement. Le mécanisme que nous préparons permettra notamment :

1. d’accompagner financièrement les communes ;

2. de professionnaliser les PME ;

3. de soutenir les groupements de femmes engagés dans la salubrité ;

4. d’assurer l’entretien et la réparation des équipements ;

5. de moderniser les zones de tri et de transit ;

6. D’accompagner les ONG pour la sensibilisation de masse qui constitue un maillon essentiel pour parvenir au changement.

7. Accompagner les unités de valorisation et de garantir une continuité du service sans dépendre du Budget national.

Le civisme au cœur de la réforme

Enfin, nous préparons également le recrutement de plus de 5 000 brigadiers.

Leur mission ne se limitera pas à la lutte contre l’insalubrité.

Ils auront également pour vocation de promouvoir le civisme, la sensibilisation, le respect de l’espace public et l’éducation environnementale.

Car au-delà des équipements, des financements et des infrastructures, la propreté d’une ville repose avant tout sur le comportement de chacun.

L’assainissement n’est pas seulement une question de déchets, c’est une question de citoyenneté, et c’est ensemble que nous construirons une Guinée plus propre, plus saine et plus digne.

                                                                                                                          Aboubacar Camara

                                                                                                                         Ministre de l’assainissement

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