Le ministère de la Jeunesse et des Sports opère une remontée spectaculaire dans le paysage budgétaire national. Autrefois relégué au 27ᵉ rang avec une enveloppe de 400 milliards de francs guinéens issus du BND (Budget National de Développement), reparti entre le fonctionnement, le salaire de plus de 1000 fonctionnaires du secteur, la construction des stades et la prise en charge des frais de voyages et primes des fédérations ; le département se hisse désormais à la 7ᵉ position. Son budget culmine aujourd’hui à 2 000 milliards 500 millions de franc guinéen disponible à partir de l’exercice cette année 2026.
Bien que cette allocation reste inférieure aux 14 000 milliards de franc guinéen initialement sollicités par l’ancien ministre Keamou Bogola Haba, elle concrétise un vaste plan de modernisation. L’objectif étant clair; doter les 33 préfectures du pays d’infrastructures sportives, hôtelières et médicales de premier ordre. Ce projet visait à préparer la Guinée à l’accueil d’une future Coupe d’Afrique des Nations (CAN).
Pour sécuriser l’exécution des chantiers de cet ambitieux programme, un mécanisme financier spécifique a été validé par le Conseil National de la Transition (CNT). Les entreprises exécutantes seront rémunérées via des titres émis auprès des institutions bancaires. Ce dispositif permet à l’État d’atténuer ses engagements financiers tout en garantissant la continuité des travaux. En terme clair, avec ce nouveau mécanisme, les entreprises sont directement par les banques avec une garantie de remboursement de l’Etat.
Le cas particulier des grands stades de Conakry
En ce qui concerne le stade de Nongo, il est financé à hauteur de 120 millions de dollars pour un standard international, dont la capacité réelle est de 46 000 places, équipées de sièges modulables et couverture intégrale à 360°. Un montant adopté par le CNT selon une source parlementaire.
Avec plusieurs commodités (des Salons VIP/VVIP, Skybox, des restaurants, des ascenseurs et pelouse en gazon naturel, deux groupes électrogènes de secours en plus du réseau local etc…), le stade est accompagné d’un stade annexe de 1 000 places.
Au stade 28 Septembre c’est un pôle omnisports pour 130 millions USD. Le développement du complexe s’articule en deux phases majeures.
Pour la Phase 1 le stade principal absorbe 40 millions USD pour la mise aux Normes CAF : Pelouse en gazon naturel, éclairage aux normes LED, tribune de presse moderne, plusieurs ascenseurs et deux groupes électrogènes. Et une capacité de 18 000 places en moins dans un premier temps, avec une extension prévue à 30 000 places au maximum avec l’ajout d’un second niveau ou deuxième étage.
La Phase 2 concerne la construction d’une Arena modulable de 6000 à 9 000 places, d’une piscine olympique, d’un gymnase polyvalent ayant la capacité d’accueillir tous les sports de mains et le football à 7 ; et d’un stade annexe de 1900 places vestiaires modernes, pelouse à gazon naturel et toilettes publiques y compris.
Au-delà des arènes sportives, le projet englobe la création d’un nouveau Centre médico-sportif doté d’une IRM, la construction du nouveau siège de l’Institut National du Sport, ainsi que des locaux pour le Comité National Olympique et les fédérations sportives. Une zone commerciale, des bureaux pour l’administration du stade et la réhabilitation de l’espace de « La Terrasse » dédié aux festivités du 2 Octobre, complètent cette restructuration historique visant à remettre à niveau le patrimoine sportif national.
Cette restructuration budgétaire historique concrétise la volonté de l’Etat de mettre à niveau des équipements sportifs guinéens et confirme également que l’investissement consenti en vaut pleinement la peine.
Joseph SIba Guilavogui









